EDF – Ligue Mondiale : Les filles accueillent l'Italie

France – Italie : Le 28 Mars à 19h30 au Stade nautique Maurice Thorez de Montreuil

Les Françaises reçoivent L’Italie pour leur dernier match de poule en World League, ce mardi 8 mars, à la piscine de Montreuil.

 

Cette année l’équipe nationale est prise en main par Florian Bruzzo qui, après avoir emmené les garçons aux J.O, souhaite voir l’effectif féminin briller à son tour sur les tournois internationaux.

Cette route s’annonce difficile et chaque rencontre est l’occasion d’étudier le niveau des favorites internationales avec l’objectif de s’en rapprocher match après match.

La Ligue Mondiale est un challenge d’autant plus audacieux que cette année les Bleues affrontent dans leur groupe des habituées de la question : l’Italie, médaillée d’argent à RIO et 3e des championnats européens, qui a réalisé un match aller impeccable, la Hongrie championne d’Europe en titre et 4e à Rio qui s’est également montrée très imposante à deux reprises, mais a néanmoins laissé aux Françaises les moyens de dominer la dernière période le mois dernier à Budapest.

Après son stage à Abbeville en Janvier l’équipe cultive sa ténacité. Si elle bénéficie de l’expérience d’un entraîneur habitué des rencontres internationales, et de celle de sa capitaine, Louise Guillet, qui a inscrit à la moitié des buts lors du match aller, l’Equipe de France compte également sur la présence et l’enthousiasme de son public pour se défendre face à l’équipe la plus titrée de l’histoire des championnats d’Europe féminins.

 

Florian Bruzzo a accepté de répondre à quelque unes de nos questions :

 

Tu as repris les rennes de l’Equipe de France féminine cette année Quels sont les objectifs pour la prochaine olympiade?

L’olympiade précédente a donné des envies aux filles de cette équipe de vivre une aventure semblable à celle des garçons. Cependant je place plutôt comme objectif principal l’amélioration de la qualité de notre jeu. Elle seule permettra à cette équipe de progresser dans le ranking international.

 Aujourd’hui, la France est 7ème européenne mais très loin de la 6ème place si l’on se réfère aux résultats des derniers championnats d’Europe. Les scores du TQO (cf : Tournoi de Qualification Olympique) de Gouda, montrent le chemin à parcourir.

 

Que vas-tu mettre en place pour atteindre ces objectifs ?

Tout d’abord il faut mettre le projet « Equipe Nationale » au cœur du quotidien des athlètes. La Fédération a mis en place un encadrement ambitieux, qui doit aider à la création d’un véritable « Club France ».

Après 6 mois d’observation, je peux vous affirmer que les clubs féminins font de grands efforts pour développer cette discipline en égard à leurs moyens. Je ne parle pas uniquement de moyens financiers, mais bien aussi structurels (disponibilité des bassins) et humains (nombre limité de joueuses, entraineurs parfois bénévoles).

Néanmoins, que ce soit les dirigeants, entraineurs ou joueuses, tout le monde est très motivé et c’est très positif.

Cependant, mon constat est assez dur, car aucun d’entre eux ne réunit toutes les conditions d’entrainements de haut niveau. Ne le comprenez pas mal, il ne s’agit pas d’un jugement de valeur, c’est juste une constatation des conditions de travail de nos joueuses autour de chacune des dimensions de la performance. Au regard de ces faits, nous avons proposé aux entraineurs, et aux joueuses qui le souhaitent un suivi « individualisé », plus particulièrement sur la préparation physique (dans et hors de l’eau).

Certaines filles travaillent ou étudient, et ne peuvent participer à toutes les séances collectives dans leur club. Grâce à ce travail complémentaire fourni, nous leur permettons d’avoir des séances individuelles qu’elles peuvent faire sur leurs créneaux libres. Ce suivi individuel repositionne les joueuses au centre de notre organisation et doit leur permettre d’augmenter leur niveau global. C’est aussi à mon sens, un bon moyen pour faciliter la future préparation estivale de l’équipe nationale.

 

Comment juges-tu la cohésion de cette équipe ?

Cette équipe à de nombreuses années de fonctionnement en commun. Cela contribue à la bonne humeur générale, surtout que le groupe a peu évolué ces dernières années. Les progrès réalisés depuis 4 ans participent à cette bonne ambiance.

Après, chaque médaille a son revers et nous devons veiller à ce que ces habitudes de vie soient au service de la performance. Pour cela, seule l’exigence du quotidien doit guider l’ensemble des acteurs et actrices autour de nos filles.

 

L’équipe a essuyé des défaites difficiles cette année en World League. Quel est l’état d’esprit du groupe quant au prochain match et la suite de son parcours ?

Les défaites sont effectivement très lourdes, mais reflètent à mon sens, notre niveau. La participation aux championnats d’Europe, du monde et au TQO ne doivent pas être des leurres. Soyons humbles.

Mais ne nous trompons pas d’objectif, il faudra être performant en Janvier 2020, d’ou l’appel de nombreuses jeunes joueuses pour évaluer les forces en présence.

Je trouve l’état d’esprit très bon, les filles sont pour la plupart très réceptives à notre discours. Elles s’engagent pleinement dans le nouveau projet de jeu. J’ai introduis de nouveaux concepts mais je m’appuie aussi sur ce qu’elles ont l’habitude de faire et parfois très bien fait.

Il faudra évidemment du temps, et les 3 mois de travail commun cet été doivent nous permettre de progresser sensiblement sur toutes les dimensions de la performance

 

Le championnat PRO A F est déjà bien avancé. Quel est l’état de forme physique des joueuses à l’approche de cette rencontre ?

La plupart des joueuses progressent sur leurs qualités physiques, et je dois les féliciter pour leur implication au quotidien. Il faut continuer car c’est sur ce sujet que je nous estime le plus en retard sur le haut niveau international. Ce travail est compliqué car il faut accepter de ne pas être « en forme » certaines semaines.

Nous avons 3 ans pour devenir très compétitifs.

 

Merci à Florian Bruzzo pour ces réponses.